Deux personnes, un homme et une femme, se tiennent proches, leur front presque contact, dans une pose intime contre un mur beige.

Kiss

crédit photo: Rose-Payper René  

Ouverture de l’amour

Sur la scène, un homme et une femme. Elle est actrice, il est acteur.

Assiste-t-on à une répétition ou à une représentation ? L’espace est-il privé ou public ? Tout ce qu’on sait, tout ce qui est énoncé dès les premiers mots, c’est qu’un baiser se prépare. Pas n’importe lequel. Celui qui surgit d’un amour naissant, d’une passion. 

Comment s’y préparer quand on est artiste ? Jusqu’où porter leurs idéaux de sincérité ? Leur recherche de vérité ? Où est la frontière entre la scène et cet « ailleurs » quand le corps s’engage ?

Car dans ce théâtre de pur langage, les corps parlent avec force. Ils sont irrémédiablement ancrés dans le présent… et dans le réel. C’est à l’intérieur de ces corps que se vit l’acte théâtral, c’est à partir de ces corps qu’adviendra le baiser.

« SIHAM : Si je t’embrasse tendrement et que je me laisse aller, je vais jusqu’où ? Comment je sais jusqu’où je vais ? Comment tu sais toi ? Tu n’as pas de limites, c’est quand que tu t’arrêtes ? Ou alors tu te laisses aller et tu cueilles les éventuels fruits disponibles ? Je ne suis pas disponible. Mais dans le cas présent, je dois me rendre disponible. Pour servir la pièce, et cette histoire d’amour. Parce que j’ai décidé d’être un vecteur d’histoires réelles et irréelles, et que je me dois de me mouiller un peu. Je dois me mouiller sans mouiller. Tu comprends ? »
Une femme et un homme se tiennent à l'extérieur devant une structure moderne en verre. La femme parle à l'homme qui a les yeux fermés.

crédit photo: Rose-Payper René

Abolition des frontières

Siham et Maxime, ont souhaité conserver leurs prénoms. Ces étiquettes qui enveloppent leurs corps. Ou plutôt, ils ont nommé leurs personnages d’après leurs propres prénoms. Nuance. Créer le trouble, supprimer les filtres, tenter une réelle mise à nu, voici l’enjeu si l’on souhaite se confronter réellement aux questions qui nous agitent. 

À tour de rôle, ils disent leur vérité en quête d’un impossible accord, d’une union qui ne pourra jamais être idéale. L’un après l’autre, ils se heurtent à l’héritage patriarcal qu’ils ont reçu, à la violence des rapports de domination, à l’utopie de vouloir être l’égal de l’autre, aux traumatismes que la vie à déjà imprimé sur leur existence.

Kiss est une ode d’une intensité rare, où les mots transpercent les cœurs et cognent les tripes, disséquant sans ménagement le sentiment amoureux et les problématiques d’une génération en quête de renouvellement des codes sociétaux.

« MAXIME : Pour que tu me fasses confiance, pour que je puisse t’embrasser sincèrement, il faut donc que je ne te désire pas ? L’amour en l’absence de désir, c’est possible ? T’as envie d’être persuadé que je n’ai aucun désir pour toi, que je ne sois jamais en aucun cas en train de te charmer, que la sécurité doit venir de là. Mais on fait comment alors dans notre projet où il faut s’aimer l’instant d’un baiser ? »
Une femme et un homme debout côte à côte, regardant dans des directions différentes, dans un décor simple avec un mur beige.

crédit photo: Rose-Payper René

Générique

Texte Siham FALHOUNE & Maxime SAINT-JEAN

Mise en scène Sébastien DAVIS

Lumières Andrea VIDA

Chargé de production Jean Gabriel DAVIS

Production Compagnie Kourtrajmé