Don't Disturb : Voyage en absurdie, cri pour le public

Par Jade Sauvanet - Baz-art — 26 mars 2026


« Les bibliothèques sont nos dernières forteresses d'enfance, où se croisent histoires minuscules, chefs d'œuvres, vieux, jeunes, précaires ou bien-né•e•s ; un lieu idéal pour notre rencontre ». De ces lignes de Claire Barrabès, elles sont un des derniers remparts face à l’effritement du lien social. Ces mots que certains dépolitiseraient par le qualificatif de vivre-ensemble mais qui sont les premiers à le vider de sa substance. Dans cette médiathèque, tout commence à s’effriter : les livres, les étagères, les étages et plus particulièrement, le sous-sol. autrement appelé « l’enfer ».

On demande à chacun des personnages archétypes : avocate qui s’occupe de mille dossiers à la fois, responsable de médiathèque qui ouvre une session pour la régularisation des cartes de séjour, médecin qui ne stérilise rien, éducatrice qui va jusqu’à assister le médecin. Tous font les efforts quitte à être « polyvalent » dans des espaces où ils n’ont pas de compétences pour rentabiliser la construction de cette belle médiathèque. Ça nous apparaît comme un cri de personnes qui manquent de s’étouffer.

 Le cynisme et la dystopie sont fils rouge dans cette pièce donnant à vraiment de la surprise et à ce moment magique de chorégraphie où tu te dis « je ne comprends pas tout mais j’aime bien ce qu’il s’en dégage ». Mais ce qui guide la pièce, c’est l’absurdie à la Ionesco qui critique un new public management (émergé dans les années 70, qui renvoie à la volonté de transposer les outils, modes de gestion et d'organisation du secteur privé vers le secteur public), l’indifférence des pouvoirs publics de s’y préoccuper, alors que c’est le premier poste où tu verras ton électorat. Au lendemain, la gueule de bois pique…

Don’t Disturb répond en partie à ceux.celles qui font « l’éloge de la nuance » dans les discours médiatiques ; ceux.celles qui demandent du silence face à des figures qui feraient trop de bruit (nommer la médiathèque Louise Michel plutôt que Angela Davis) mais en se donnant une bonne conscience remplie de discriminations, soit disant au nom d’un idéal républicain.

Le jeu est frais, toujours pétillant avec une troupe au top !

👉 Lire l’article complet sur Baz-art :
https://www.baz-art.org/2026/03/retour-sur-le-festival-kourtrajme-au-theatre-de-belleville-paris.html

Précédent
Précédent

Kiss

Suivant
Suivant

Figaro Madame