Cyril Cotinaut réinvente Andromak en tournée

Théâtral Magazine — 18 novembre 2024
Le metteur en scène Cyril Cotinaut propose une relecture contemporaine de Andromaque (la tragédie de Jean Racine), en faisant se rencontrer la langue classique du XVIIᵉ siècle avec la sensibilité et l’énergie des jeunes interprètes de la Compagnie Kourtrajmé. Sur scène, les passions humaines — désir, honneur, violence — trouvent des résonances actuelles dans un dispositif minimal et direct, où les acteurs vivent pleinement la matière tragique à travers une approche scénique intense.

👉 Lire l’article complet sur Théâtral Magazine :
https://www.theatral-magazine.com/actualites-cyril-cotinaut-reinvente-andromak-en-tournee-18112024.html

Andromak : revenir aux « Racine »

Par Angélina Zarader — Cult.News — 23 janvier 2025
La pièce Andromak, mise en scène par Cyril Cotinaut dans le cadre du Festival Les Singulier·es (21–22 janvier 2025), revisite le classique de Jean Racine sur une scène dépouillée où huit interprètes investissent le plateau presque comme un ring. Plutôt que de simplement reconstituer la tragédie du XVIIᵉ siècle, la mise en scène moderne joue avec les alexandrins, le corps des acteurs et des fragments de leurs vécus personnels.

Le spectacle, au-delà de ses résonances tragiques, s’avère franchement drôle. Le mélange détonant entre la langue du XVIIe siècle, l’argot contemporain et l’humour pétillant de cette bande d’interprètes donne lieu à des scènes mémorables. Le public rit des caricatures de drague, des envolées rappées et du décalage vibrant entre leurs univers et celui de Racine. Pourtant, ce jeu de contrastes met paradoxalement en lumière la richesse et l’intemporalité du texte original.

La mise en scène de Cyril Cotinaut, avec son énergie brute et sa modernité, offre une nouvelle jeunesse à Andromaque. La force du spectacle réside dans cet équilibre maîtrisé entre respect des alexandrins et échos de la réalité d’aujourd’hui. Une revisite à la fois touchante et réjouissante, qui laisse le spectateur empli d’admiration et de réflexions sur l’amour, le poids de l’Histoire et la condition humaine.

👉 Lire l’article complet sur Cult.News :
https://cult.news/scenes/theatre/andromak-revenir-aux-racine/ Cult

« Andromak » – Racine à l’os

Par Pierre Lauret — Cultures SNES-FSU — 26 janvier 2025
Il ne s’agit donc pas d’accueillir avec indulgence ou sympathie un spectacle qui aurait les vertus de montrer sur le plateau des jeunes qu’on n’y voit jamais, de rendre accessible à un public non cultivé la tragédie de Racine, de lui permettre, peut-être, d’opérer la catharsis de ses propres affects d’amour, de solitude, de colère, de désir de vengeance, et de combattre concrètement l’exclusion culturelle. Ces vertus, le spectacle les a bel et bien. On ne pouvait qu’être frappé de voir la salle remplie de jeunes de toutes sortes, qui lui ont fait un triomphe. C’est un travail pédagogique au sens le plus noble du terme. Mais le spectacle n’a besoin d’aucune indulgence, parce qu’il est non seulement très intéressant, mais formidable.

👉 Lire l’article complet sur Cultures SNES-FSU :
https://cultures.blog.snes.edu/publications-editions-culture/culture/actualite-theatrale/andromak/

À Port-de-Bouc, Andromak dépoussière Racine et fait vibrer le Théâtre du Sémaphore

Par Nicole Garrouste — La Provence — 1er décembre 2025


Huit jeunes comédiens ont mêlé leurs histoires au texte de Racine, offrant une tragédie moderne, incarnée, qui a conquis une salle comble.

Il y a Andromaque, la pièce de Jean Racine, tragédie en cinq actes et en vers, représentée pour la première fois au château du Louvre le 17 novembre 1667. Composée de 1 648 alexandrins et l’une des pièces de théâtre les plus jouées en France depuis. Il y a aussi Andromak d’après Racine, mis en scène par Cyril Cotinaut, une tragédie revisitée, jouée par 8 jeunes comédiens de la Compagnie Kourtrajmé, jeudi sur la scène du théâtre du Sémaphore, à Port-de-Bouc, devant 200 personnes, une salle comble.

👉 Lire l’article complet sur La Provence :
https://www.laprovence.com/article/culture-loisirs/5622701941108914/a-port-de-bouc-andromak-depoussiere-racine-et-fait-vibrer-le-theatre-du-semaphore

Retrouver le tragique à sa racine - Théâtre de Belleville (Paris)

Par Jade Sauvanet — Baz-art — 26 mars 2026


Au début, la situation est la même. Oreste aime Hermione depuis son enfance. L’histoire a tourné court vite mais Oreste y a gardé un pied dedans, toujours persuadée de cette destinée. Hermione désire autant qu’elle ne hait Pyrrhus, maître des lieux. Ce dernier est prêt à tout pour posséder Andromaque, veuve d’Hector et loyale à Troie. Le peuple de Troie est soumis à la violence de Pyrrhus et Andromaque cherche tous les moyens pour sauver la vie de son fils. Le dilemme de fatalié s’inscrit dès les premiers instants avec les passions violentes émanant des alexandrins raciniens. Sauf qu’ici, Cyril Cotinaut injecte avec une écriture au plateau (en collaboration avec les comédien.nes, des éclats de vie d’aujourd’hui.

Les failles des héros tragiques résonnent avec les blessures des jeunes comédiens : Pyrrhus et Andromaque ou plutôt Wacil Ben Messaoud et Vera Cupic-Vojnovic portent le poids de leurs ancêtres, respectivement algériens et serbes. Celui d’un Empire Ottoman qui détruisit la Serbie. Oreste vit dans la peur d’un enième contrôle au faciès qui finirait mal, sous le genou d’un policier. Avec cette peur, il ressent un immense vide, celui d’avoir perdu l’amour de sa vie à l’âge de 15 ans. Quant à Hermione, elle incarne Troie qui tombe en ruine. Dès son enfance, son socle familial s’est démantelé au fil des années, de parents séparés en adultère. L’amour n’est que féroce et violent ici. Elle tente de s’en écarter. Mais l’amour non réciproque l’attire. Fatalité de la tragédie.

Sur un plateau nu, seuls la direction d’acteurrices et le jeu comptent. Et le défi est plus que réussi : le jeu est plus que sincère, fougueux commme si les vers de Racine devenaient les leurs. Via Phoenix, Pylade et Cléone, les confidents, la pièce questionne aussi la place de ces personnages marginalisés, pourtant fondamentale, avec en filigrane, le manque de représentation dans un théâtre toujours bourgeois.

Histoires raciniennes et émotions contemporaines s’entremêlent pour nourrir cette notion antique de tragédie. Face à un chaos du monde qui s’accélère, la destinée et le fatalisme nous rattrape-t-il ? Et jeunesses sont-elles condamnés à s’asseoir au milieu des flammes, dans l’attentisme face à des bandes-sons de « calme-toi » ? : « Si tous les arts et même l’Histoire nous enseigne que la haine n’entraîne que la haine et qu’on continue quand même, c’est ça la tragédie. » 

👉 Lire l’article complet sur Baz-art :
https://www.baz-art.org/2026/03/retour-sur-le-festival-kourtrajme-au-theatre-de-belleville-paris.html

Suivant
Suivant

Le Dernier Aïd